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Byblos est
peut-être la plus ancienne cité du monde. Son origine
remonte à plus de 7.000 ans. Les hommes du néolithique y ont
fondé non seulement un port ouvert à la plus haute mer, mais
aussi une communauté urbaine, un centre plus vieux que
Paris, que Rome ou Athènes.
Nous évoquons, nous Libanais, ce que furent les premiers
travaux de nos pères, nos premières installations au sortir
de la préhistoire ; puis nos échanges avec les autres, avec
les Pharaons millénaires, avec les mystérieux peuples de la
mer, avec d’autres peuples de la plus haute antiquité. De
siècle en siècle, nous avons accueilli les hommes, les
mythes et les idoles, nous leur avons fourni des cèdres pour
la construction de leurs temples et leurs prières aux dieux.
Nous leur avons enseigné l’alphabet pour leurs messages aux
hommes.
Les Egyptiens anciens avaient bien raison d’appeler notre
terre, "la côte des dieux". Nous y avons reçu et honoré Isis
et Osiris, nous y avons pleuré ensemble notre Adonis, nous
avons donné les traits de leur déesse Hathor à Notre-Dame de
Jebail. Nous avons mélangés leurs croyances et les nôtres,
échangé notre pourpre et leur papyrus. Depuis toujours, nous
avons su avoir pitié des dieux. Des hommes aussi, puisque
pour les aider à se connaître et à s’aimer, nous avons, à
Byblos, inventé l’alphabet.
En face de nous, la mer (ce va-et-vient des idées et des
marchandises) renouvelle inlassablement son appel à la
liberté et à sa sœur jumelle, la fraternité. |
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